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Noticias Internacionales
 
 
DU BLEU DANS LES VIGNES
 

[ 08/07/11 - Série Limitée N° 99 ]

Le tourisme, royaume du bleu, se teinte de grenat, de vermillon, d'or pâle. Et puisqu'il faut joindre l'agréable au plaisir, on visite maintenant les vignes en revenant de la plage. Petit tour d'horizon des vignobles au bord de l'eau.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

DES VIGNES AU BORD DE LA MEDITERRANEE, EN CORSE.

 

Dans la Rioja, en Espagne, la célèbre marque de vins espagnols Marques de Riscal avait créée la sensation en ouvrant, en plein coeur des vignes, un hôtel fabuleusement design, oeuvre du célèbre architecte Frank Gehry (il avait conceptualisé le musée Guggenheim à Bilbao). Quarante-trois chambres dont onze suites avec vue sur l'un des plus importants vignobles du monde. Tout est, ici, dédié à l'univers du vin. À l'intérieur de ce chef-d'oeuvre architectural, une Cité du vin regroupe un bar associant tous les nectars du monde, un restaurant d'influence régionale, un spa, une piscine, un hammam. Pour la première fois, le vin était réellement conçu comme un art de vivre global. Lors de son inauguration, le roi d'Espagne s'était déplacé affichant ainsi sa volonté et sa fierté de promouvoir l'un des piliers de l'économie agricole espagnole. Verre à la main, il ne cachait pas son admiration pour ce projet privé. Sa présence fut relayée dans de nombreux journaux internationaux. Ce lancement médiatisé a profité à l'ensemble de la région. Chacun sait aujourd'hui, dans le monde, que cette terre produit du vin.


Au Portugal, la région du Douro (celle du porto) est l'objet de toutes les attentions de la part des autorités touristiques lusitaniennes. Des croisières sont proposées au départ de Porto. Bien installés sur des strapontins, les touristes découvrent la splendeur de ce vignoble si particulier où la vigne pousse sur des terrasses étroites, souvent bordées de murets, symbole d'un temps (le XIXe siècle) où la main-d'oeuvre était nombreuse et bon marché. Mais, pour bien épouser ce fleuve et comprendre ce vignoble majestueux, il faut emprunter la petite ligne de chemin de fer à voie unique reliant Porto à Tua. En ouvrant les portières, le voyageur peut même s'asseoir sur les marches des wagons. Les pieds de vigne et la rivière sont si proches qu'il pourrait presque les effleurer de la main. Se succèdent dans ce paysage fantastique, les maisons les plus prestigieuses. Sur les flancs de la colline, elles ont inscrit leur nom : quinta da Foz de Calem, quinta do Noval, quinta da Roeda, quinta dos Malvedos, quinta de Vargellas, quinta de Vesuvio, et bien d'autres encore. Les maisons d'hôtes se multiplient au sein même des propriétés. Vincent Bouchard, un Bourguignon installé depuis une dizaine d'années ici, propriétaire de la quinta do Tedo, termine à peine ses installations touristiques avec chambres donnant sur le fleuve, piscine, parcours en canoë ou à pied sur des sentiers à travers ses vignes.


La Suisse offre également un itinéraire pittoresque avec sa ligne de chemin de fer qui relie Genève à Lausanne. Le long du lac Léman, les vignes vaudoises semblent se jeter dans l'immense étendue d'eau. À Martigny, les parcelles bien entretenues se lancent vers les cieux. Courant septembre, les vendangeurs doivent affronter le dénivelé abrupt pour récolter le pinot noir (environ 60 % du vignoble valaisan), l'humagne rouge (un cépage autochtone), les chasselat, sylvaner, chardonnay, pinot gris, amigne, arvine, humagne blanc et rèze. Spectacle étonnant et diablement physique. Au loin, les neiges éternelles veillent sur les vignes tandis que le foehn distille son souffle chaud assurant aux raisins une bonne maturation.


La France découvre le potentiel du tourisme viticole. En 2009, une commission, présidée par l'ancien patron du groupe Accor, Paul Dubrule, voit même le jour. L'oenotourisme ne se résume pas à vendre du vin à la propriété, c'est mettre en place un ensemble de services dont le but est de mettre en exergue aussi bien les exploitations viticoles que la région elle-même. Dans le film américain Sideways, chacun se souvient des touristes débarquant par cars entiers dans les propriétés de la Napa Valley, en Californie. Dans un show à l'américaine, ils peuvent tester les vins, visiter l'exploitation avec un guide, comprendre rapidement quelques notions basiques de la viti-culture et de la dégustation ainsi qu'acheter du vin. Notre héros (le touriste tant convoité) repart d'ailleurs avec plusieurs caisses de vin sous le bras. Il n'a pas saisi totalement la complexité du pinot noir, mais il a, bien ancré dans son esprit, des images positives de l'exploitation visitée. La France, premier vignoble au monde, s'inscrit désormais dans ce registre avec de nombreuses routes du vin, de sentiers viticoles et des dégustations offertes dans la plupart des caveaux des domaines.


LE LUXE ET LA SIMPLICITE

Dans la région bordelaise, à Pauillac, la Gironde en point de mire, l'un des pionniers de cette stratégie est Jean-Michel Cazes. Il a complètement redonné vie à son village natal. Aujourd'hui, à Bages, le promeneur trouve une boulangerie (Au Baba d'Andréa), un bistrot (le café Lavinal) affichant souvent complet, un bazar luxueux (Bages Bazaar), des ateliers dédiés à des artistes, et tout un ensemble de bâtiments à vocation culturelle. Dans ce coin isolé où plus rien ne se passait, la vie a repris ses droits. Pour parfaire l'équation à multiples variables, Jean-Michel Cazes le visionnaire s'appuie également sur un hôtel Relais #amp; Châteaux. Au château Lynch-Bages, 5e grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, des visites régulières sont programmées dans toutes les langues avec des cours de dégustation dispensés par des professionnels émérites. Un peu plus au nord, c'est Alfred Tesseron qui affirme, à raison, que tous les grands châteaux voient la rivière. Dans la ville de Bordeaux, les quais ont été entièrement rénovés. Des boutiques et des restaurants s'y sont installés. La ville du vin en France et dans le monde a enfin retrouvé l'accès à son fleuve. Durant le week-end d'avant Vinexpo, le grand salon international du vin, la municipalité organise de multiples animations. On peut y déguster les vins des différentes appellations. Des châteaux louent des bateaux pour leur soirée. L'appellation Côtes-de-Bourg emmène ses visiteurs à la découverte de son vignoble à partir du fleuve, délaissant une énième route des vins. Vue des berges, la viticulture prend un autre aspect.


D'autres, comme Philippe Raoux, ont bâti une véritable structure innovante. La Winery, à quelques kilomètres de la ville, sur la route des grands châteaux médocains, accueille les initiés et les néophytes au milieu d'un parc de 26 hectares où trônent des sculptures contemporaines. Diverses cellules permettent à chacun de se promener dans un univers qui, selon le propriétaire, « est l'âme même du vin. À la fois lien, partage, connaissance et jouissance. » À travers diverses animations, le touriste découvre son signe oenologique (gourmand, esthète, tendance...), côtoie tous les vins du monde au sein d'une boutique dédiée. Toujours dans le Bordelais et au firmament du luxe, Bernard Magrez -qui possède trente-sept vignobles en France et à l'étranger dont trois grands crus château Pape Clément, La Tour Carnet et Fombrauge -invente sans cesse de belles et bonnes raisons de flâner sur ces terres (voir ci-contre).


Au nord de la vallée du Rhône, les appellations Côte-Rôtie, Condrieu ou Château-Grillet impressionnent. Bien sûr, les vins sont excellents. Cotées dans le monde entier, les meilleures bouteilles sont introuvables et, donc, coûteuses. Les exploitations, petites et les rendements, faibles. Les rares flacons sont presque tous vendus sur allocation -avant même la mise en marché. La vigne jouit d'un ensoleillement idéal sur les pentes escarpées où la déclivité des coteaux peut atteindre par endroits 55 degrés. C'est si raide que sur les terrasses de la Côte-Rôtie, au dessus d'Ampuis, chaque pied de vigne est fixé à quatre tuteurs en forme de V inversé. En période de récolte, le vendangeur doit se harnacher pour ramasser le raisin. Un travail de titan pour, au final, trouver dans son verre des arômes de fruits rouges et d'épices remarquables. L'ensemble est baigné par le grand Rhône qui s'écoule tranquillement en contrebas.


Si certains vignerons contemplent les fleuves, d'autres composent, chaque matin, avec les embruns. En Corse, avec vue sur la grande bleue, les différents professionnels de la filière viticole s'organisent. L'Île de Beauté a compris que son vin constituait une richesse au même titre que ses paysages insulaires. Les touristes viennent toujours pour profiter des eaux cristallines de la Méditerranée, mais durant leur séjour, ils s'attablent autour d'une langouste et d'un vin du pays. De plus en plus souvent, ils découvrent des vins structurés, bien faits avec une véritable identité. Patrimonio, au nord, propose des vins rouges au parfum végétal apporté par le cépage local, le nielluccio. De Porto-Vecchio à Ajaccio (dans le sud), les petites criques côtoient les vignobles perchés sur des coteaux à flancs de montagne, au milieu des rochers et des maquis sur un terroir d'arènes granitiques. L'amateur s'arrête, dans une propriété, boire un vin blanc issu du cépage vermentino au joli bouquet où les arômes fruités et floraux se mélangent.


L'oenotourisme s'inscrit de plus en plus comme un véritable projet qui engage une région entière. Pour les randonneurs, le célèbre GR20, au départ de Calenzana (AOP Corse-Calvi), permet de se familiariser avec les montagnes et les lacs, mais aussi avec le vignoble. Le vin peut être un ambassadeur. « Il faut aller au devant des consommateurs pour exporter les vins corses. Nous savons, aujourd'hui, que le marché local ne suffira plus », résume Jean-Marc Venturi, vigneron au domaine Vico à Ponte-Leccia.


Dans le Roussillon, l'appellation d'origine protégée (AOP) de Collioure est plantée sur un balcon qui regarde la Méditerranée. Les paysages peints par Henri Matisse sont encore présents dans les mémoires quand on emprunte le chemin du fauvisme. Le long de la baie, proche du village de Banyuls-sur-Mer, le vignoble en terrasses semble se précipiter dans la mer. Certains pieds de vigne débordent presque sur les plages. Ici, la vigne a dessiné le paysage. Dans le village, les vieux banyuls révèlent un bouquet surprenant de fruits secs avec des fragrances d'amandes grillées tandis que les millésimes récents offrent un joli fruit. Non loin de là, les Corbières maritimes se dévoilent par la route des étangs. À Peyriac-de-Mer, les vignes, comme les touristes, ont les pieds dans l'eau.


La Provence n'est pas en reste, bien au contraire, surtout depuis l'invasion du phylloxera où, par nécessité, les vignerons ont investi les terres basses proches de la mer. Pour autant, il existe encore des domaines réputés à l'intérieur des terres comme celui d'Eric de Saint-Victor, au château Pibarnon. Son vignoble de 50 hectares en espalier, conduit en agriculture biologique, est renversant de beauté. Le bleu du ciel vient se mélanger à la déclivité offerte par le massif de la Sainte-Baume. En bas, la mer scintille dans le soleil. Dans le Var, pas loin de la ville de Hyères, les vignes du domaine Ott donnent directement sur la plage. Les invités se baignent sous le regard du grenache, du cinsault et du mourvèdre, avant de se délecter d'un rosé. Dans la région, cette couleur est devenue dominante. Le rosé vient désaltérer la clientèle estivale, et bénéficie d'un effet de mode persistant. Longtemps cantonné aux brochettes d'été sur la terrasse avec une bande d'amis, il s'est, depuis, imposé comme un vin avec lequel on passe à table tout au long de l'année. À tel point que les vignerons délaissent progressivement la production de vin rouge à son profit. Ceux de Bandol résistent à la tentation. Là, les rouges ont un potentiel de garde bien réel, ce sont de grands vins. Certaines parcelles de l'appellation dominent littéralement la Méditerranée. Non loin, à la Londe-Les-Maures, adossée au massif des Maures, faisant face à la mer, cette discrète commune est recouverte de vignes et de forêts. En 2008, ses vins ont d'ailleurs été distingués au sein de l'appella-tion Côtes-de-Provence.


Que ce soit par la route, par la mer, par le fleuve, par le train ou à pied, les raisons de parcourir le vignoble sont infinies. C'est un fait : la demande des vacanciers se veut plus active, plus culturelle aussi. Alors, en été, de nombreux concerts et expositions ont lieu dans les vignobles. Au fil de l'eau, le bleu et le vert se mélangent comme pour conforter l'adage vigneron selon lequel « un bon vignoble est un vignoble qui voit l'eau ».


D.R.


SYLVAIN OUCHIKH

 

 
 







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